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Sébastien Haller : "Je me sens prêt à assumer des responsabilités"

Photo : Zaher Rehaz

Âgé de seulement 19 ans, Sebastien Haller est l'attaquant titulaire de l'AJ Auxerre en Ligue 2. Récemment appelé en équipe de France U20, il est un des joueurs qui incarnent le football français de demain. C'est avec une étonnante maturité, qu'il a reçu l'équipe de Debriefoot.

Sebastien, peux tu présenter tes caractéristiques, niveau football?

De par mon physique, on peut considérer que je suis un attaquant de surface. Plus présent devant le but, que dans la construction du jeu.

Tu as 19 ans, tu réalises un début de saison correct avec l'AJ Auxerre, avec notamment deux buts, tu viens d'être appelé en équipe de France U20 : Tout va bien pour toi, en ce début de saison?

Tout va bien... Enfin disons que ça pourrait aller mieux avec quelques buts de plus au compteur, au niveau du championnat. Après, ça fait quelques matches que je réalise de bonnes performances. Alors forcément ça donne envie de continuer et d'aller de l'avant.

Justement, tu parles de marquer plus de buts. C'est un objectif pour toi, de devenir plus tueur devant la cage?

Oui, c'est clair. c'est l'objectif de tout attaquant. On bosse tous les jours pour avoir cette réussite et se rapprocher au maximum des 100%. On lâche rien, en espérant que ça va rentrer plus souvent.

Au niveau de ton style de jeu, tu préfères jouer seul en pointe, ou avec un autre attaquant, capable de prendre la profondeur?

J'ai pas souvent joué avec un deuxième attaquant. C'est un dispositif que je connais très peu, donc je préfère jouer seul.

Tu te sens capable d'assumer ces responsabilités, à seulement 19 ans?

Bien sur. Ce sera mieux pour moi, ce sera mieux pour mon futur. Et puis logiquement, cela va me faire progresser. Après le coach fait appel à moi, j'ai envie de jouer, à moi maintenant de montrer ce que je sais faire.

Es-tu le genre d'attaquant à terminer un match frustré, si tu ne marques pas?

Ça c'est sur. Je suis vraiment pas content, si je ne marque pas. Après il faut voir aussi, si j'ai fait des passes, si j'ai été influent dans le jeu. Et à ce moment là, nul doute que cela atténuera ma frustration.

Tu as déjà une vingtaine d'apparitions en L2. A long terme, quels sont tes objectifs?

(Sourire) A long terme? Avoir un maximum de temps de jeu en L2, marquer plus de buts, devenir plus efficace, servir au maximum l'équipe pour ensuite évoluer en première division. Simplement.

J'ai lu récemment, que ton éducateur en U14, Monsieur Spender, te comparait à Trezeguet pour ton sens du but. C'est un modèle pour toi, ou tu as d'autres exemples?

(Sourire) C'est clair que c'est un modèle et que j'aimerais faire sa carrière. Après au niveau du cœur (Il a des origines ivoiriennes) ça va se diriger vers Drogba. Au niveau du style, je vais plus regarder ce que font les attaquants costauds, puissants comme Ibrahimovic ou Giroud.

On va un peu parler de l'equipe de France : Depuis ton plus jeune âge, tu as connu les sélections chez les jeunes. Cela t'a fait quoi de louper l'Euro U19, cet été?

Franchement, c'était plus une surprise qu'autre chose. J'étais au dernier tour de qualification, on m'a dit de faire un programme pendant les vacances, pour revenir plus tôt et préparer le championnat d'Europe. Au dernier moment, on m'a dit "Tu n'y vas pas", forcément, je me suis posé des questions. Après tu prends les bons côtés : Tu vas bosser dans ton club, effectuer une bonne préparation, pour être titulaire dès l'entame de la saison.

On critique souvent les footballeurs et l’équipe de France. Toi, ça te fait quoi de porter ce maillot? Ça te procure une fierté?

Bien évidemment. Il y en a énormément qui rêverait d'être à ma place. Faire partie des 18 meilleurs joueurs de ta catégorie d'âge, ça fait quelque chose. Alors, oui, c'est une fierté. Encore plus quand tu sais ce que représente l’équipe de France et son histoire.

Malgré tes 19 ans, tu sembles avoir la tête sur les épaules. Par exemple, tu as insisté pour obtenir ton bac ES. C'est tes proches qui t'apportent cette maturité?

Déjà, si ça ne tenait qu'à moi, je n'aurais pas passé le bac. T'es jeune, tu choisis la solution de facilité, celle du contrat dans un club, celle de se dire que tu vas y arriver grâce au football. Mais avec la famille autour, qui te pousse, tu as envie de l'avoir. Ne serait-ce que pour eux.

T'es parti tôt de chez toi, à 13 ans, ça t'as permis de mûrir plus vite?

C'est une obligation de mûrir plus vite. C'est pas possible d'avoir la vie d'un enfant de 13 ans, en étant loin de ses parents, de sa famille, de ses amis. C'est à toi de prendre des responsabilités, de savoir ce que tu fais, et c'est comme ça que tu arrives à progresser.

A Auxerre, tu as brillé en équipe de jeunes. On t'a présenté très tôt comme un espoir du club. Tu le vis comment, cette effervescence autour de toi?

Honnêtement, je le ressens plus en dehors du terrain. Ca parle un peu, on dit beaucoup de choses. Mais une fois sur le terrain c'est différent : Tu prends du plaisir, t'es content de jouer. Tu penses qu'au jeu, et c'est cela qui m'a permis de garder la tête sur les épaules.

Auxerre est aujourd'hui 12e de Ligue 2, à 5 points du podium : T'y crois encore pour la montée?

Je suis de nature optimiste, alors j'y crois. Ça passe par un travail quotidien, mais j'ai confiance en mes coéquipiers, donc forcément, j'y crois.

Quels sont tes rapports avec Bernard Casoni, ton entraineur? Tu as l'air proche de lui.

A la base, c'est un coach qui est proche de ses joueurs, et de fait je parle souvent avec lui. La plupart du temps, c'est moi le plus jeune dans l'équipe, et j'ai un rôle important, parce que je suis à la pointe de l'attaque. Donc si on marque des buts, ça doit passer par moi. Mais comme je suis jeune, il me donne des conseils, il suit ma progression, donc ça aide. Je suis pour l'humain. Un coach peut être performant, mais si tu ne sais pas ce qu'il te demande c'est compliqué. Parler avec Casoni, ça améliore aussi la cohésion. Quand il prend une décision, il t'explique pourquoi, et ça aussi, ça aide à avancer.

Auxerre c'est la formation, c'est Cissé, Mexes, Kapo... T'aspires à leurs carrières?

Si je peux avoir la carrière de Djibril Cissé, je signe de suite. C'est un honneur de savoir que des joueurs comme eux sont passés par là, et ça donne envie de suivre leurs chemins. Auxerre c'est pas n'importe quelle équipe, c'est valorisant de savoir que tu y a été formé. C'est pour cela que je respecte le blason et ce club.

L'année dernière, tu as justement évolué au côté de Kapo. Qu'est ce que cela t'a apporté?

Kapo c'est un peu "la famille". On se connait bien. Il était capitaine et avait un rôle à jouer dans le vestiaire. Il m'a beaucoup conseillé et cela m'a fait mûrir.

Il te manque quoi à ton avis, pour arriver au très haut niveau?

De la constance, de la régularité, plus d'agressivité par moment. Et surtout, savoir me faire violence.

Amezienne Rehaz

Sebastien Haller sous les couleurs de l'AJ Auxerre

Sebastien Haller sous les couleurs de l'AJ Auxerre

Tag(s) : #Interview, #Ligue 2, #Équipe de France

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