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Une bonne note avant les barrages

Crédit photo : Panoramic

Convaincante devant, un peu aux fraises derrière, l’équipe de France a servi une belle addition à la Finlande hier soir (3-0). La deuxième après celle contre l'Australie vendredi. Les barrages de Rio se dresseront face à des Bleus séduisants. Analyse.

Après la balade face à l’Australie vendredi, paranormale pour les Bleus, il fallait confirmer. Au mieux pour rêver d’une qualification directe, au moins pour se rassurer avant les barrages. Avec le retour de Valbuena et Matuidi dans le onze titulaire, Giroud confirmé devant et Nasri à la place de Payet, Deschamps revenait au modèle vainqueur en Biélorussie. Pari réussi.

Deschamps choisit l’offensive

Peut-être qu’à l'Est, la France a trouvé une âme. Sans aller trop vite en besogne, les Bleus semblent délestés de leurs peurs. Deschamps, réputé pour aimer la solidité défensive, loue même l’allant offensif de ses joueurs. Est-il résolu à viser l’attaque en priorité, conscient de problèmes défensifs qui l’empêchent de mettre son modèle préféré en place ? Possible, voire probable. Son Monaco finaliste de Ligue des Champions en 2004 enfilait les buts et les matchs indécis, loin du modèle qu’on lui accroche au cou. Deschamps est un entraîneur pragmatique, têtu mais intelligent. Encore à la recherche d’une charnière centrale établie, le sélectionneur des Bleus utilise les forces en présence.

Ribéry, leader suivi

C’est donc devant que la France brille, en premier lieu grâce au sommet qu’atteint Ribéry. Le Boulonnais n’a peut-être jamais été aussi fort et se rapproche d’ailleurs du Ballon d’Or. Mais si cela fait un bon moment que les Bleus dépendent de lui (5 ans, en exceptant la « période Knysna »), il semble désormais suivi. Nasri, décidé à bien se comporter, est bon. Valbuena est maintenant établi comme un cadre des Bleus. Enfin, Giroud s’affirme en pointe et Benzema a terminé son jeûne de buts. La France a marqué 13 buts en trois matchs, pas contre des cadors mais pas contre des nazes non plus. La dernière fois que les Bleus ont mis plus de 10 buts en trois matchs doit remonter à 2003 ou 2004. Depuis cette époque, les matchs prolifiques des Bleus sont aussi rares que les vrais cheveux de Wayne Rooney. Désormais, on sent de la confiance et une volonté collective. Du talent même.

L’audace avant le schéma

Au fond, ce n’est pas vraiment le schéma de Deschamps qui a fait la différence lors de ces derniers matchs. Car les Bleus permutent beaucoup, Valbuena et Nasri en premier lieu hier. Pogba se projette aussi souvent, tout comme les latéraux. Debuchy marque d’ailleurs des points en l’absence de Sagna. Appliqué, il apporte ce qu’il faut. Toutes ces ambitions forcent évidemment les Bleus à concéder des occasions. Mais à l’arrivée, on retient surtout du match d'hier un but orgasmique de Ribéry et deux autres joliment construits. De la technique, de la vitesse et du mouvement sans ballon. Une équipe en confiance, notion qui peut mettre à la poubelle toutes les analyses tactiques. Sans confiance, pas de performances, une vérité générale au très haut niveau. Oublier un peu l'adversaire pour retrouver de la fraîcheur et des frissons, et du même coup éviter les reproches des supporters. Le spectacle offensif fonctionne bien, surtout quand il vient à ceux qui en ont été souvent sevrés (même en 1998).

Un gros poisson devant le barrage

Les Bleus ont maintenant deux matchs pour confirmer ces belles impressions. Face à l’Ukraine, la Grèce, le Portugal ou la Croatie. On saura lundi, pas besoin de commencer à sortir une boule de cristal. Mais évidemment, la tâche sera compliquée. En même temps, aller au Mondial, ça se mérite. Thierry Henry le sait, lui.

B. Paquelier

Tag(s) : #Équipe de France

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