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Balotelli, cible facile

Crédit photo : AFP/Alberto Lingria

Sévèrement battue par Parme dimanche (4-2), l’AC Milan a enchaîné sa quatrième défaite consécutive. Empêtré dans la crise comme tout son club, Mario Balotelli encaisse les coups d’un peu partout. Pourquoi encore lui ?

Revenu en Lombardie en janvier 2013, après trois saisons mitigées en Premier League, « Super Mario » Balotelli avait choisi la difficulté. Après un long passage à l’Inter (2007-2010), rejoindre l’AC Milan n’avait rien du parcours enchanté, surtout en tenant compte de l’effectif qu’il rejoignait. Un an et deux mois plus tard, alors que les Rossoneri sont dans une très mauvaise passe, il est le premier à se faire tacler. José Altafini, Alessandro Costacurta, voire Paolo Maldini, Arrigo Sacchi et la presse italienne tapent sur le dos de l’attaquant italien, pourtant loin d’être le seul responsable de la chute actuelle de son club.

« Ce n’est pas une star et, à mon avis, il ne deviendra jamais un joueur de classe mondiale », jugeait ainsi « Billy » Costacurta sur Sky Sport Italia, la semaine dernière. « Le véritable échec est Balotelli », lâchait de son côté Altafini (Corriere dello Sport). Certes, les deux anciens tauliers milanais ont un passé qui rend leurs paroles légitimes (6 Ligue des champions remportées à eux deux), mais Balotelli n’est qu’un coupable parmi les autres dans le naufrage des siens. Avec 11 buts en 20 matches de Serie A et 3 en 10 matches de Ligue des champions, l’attaquant de 23 ans (oui, il est toujours jeune) devrait presque être mis en avant cette saison.

Un coût qui joue

Si ses frasques ont fait beaucoup de sa réputation et sûrement gêné sa progression, Balotelli reste un joueur talentueux. Le potentiel n’est pas quantifiable, mais ses différents coups d’éclats sur un terrain, si. Oui mais voilà, il a coûté plus de 20 millions d’euros aux Rossoneri. Pour eux, qui ne veulent plus dépenser davantage que ce qu’ils gagnent depuis quelques temps, chaque « gros coup » doit être rentable. Silvio Berlusconi, le propriétaire et président des milanais, se serre en effet la ceinture après plusieurs déboires politiques et économiques. Mario est donc le premier ciblé quand tout va mal, ce qui pourrait se comprendre si l'excellence l'entourait.

Milan vient en effet d’encaisser 8 buts en deux matches et pointe au 6e rang des plus mauvaises défenses du championnat italien. Au milieu de vieux talents (Essien, De Jong, Kaka, Mexès…), de joueurs moyens et de jeunes pas (encore) assez forts pour réussir en Lombardie, Balotelli brille malgré son arrogance et sa suffisance, frustrantes voire insupportables. Paolo Maldini et Arrigo Sacchi, autres gloires du passé milanais, ont d’ailleurs été plus justes à son sujet. « Ce n’est pas encore un champion. […] Le jour où je le verrai mettre l’équipe sur ses épaules et la porter pendant 90 minutes, alors il le sera », a commenté le premier dans la Gazzetta dello Sport, ce mardi, alors que son ancien entraîneur avait déjà tempéré la veille. « C’est assurément un talent, mais cela ne veut pas dire qu’il sait tout faire. […] Mario doit trouver un environnement très positif et un jeu qui l’aide ». Les paroles du « mage » sont sûrement les plus sages.

Baptiste Paquelier

Tag(s) : #Critique

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