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Joey Barton, cette énigme

Crédit photo : Karine Villalonga, SIPA Press

Messie sur la Canebière début septembre, Barton joue de moins en moins et parle de plus en plus. L’OM commence à subir le revers de la médaille avec la venue du milieu anglais. Un personnage complexe qui dégoûte, effraie et fascine en même temps.

«J’espère vraiment qu’un dictateur va prendre le contrôle de la Grande-Bretagne, et commencera à exécuter les stupides». Un message tutoyant le fascisme et posté sur Twitter début octobre. Premier excès de Joey à l’OM. Son opération de communication menée jusque-là auprès des fans phocéens avait étonné. Barton était passé d’une réputation volcanique à une apparence lisse et douce. De nombreux média louaient son attitude, certains pensaient qu’il avait changé.

Intolérant, violent et calculateur

Ses coups de sang sont nombreux. 2004, Barton écrase un cigare dans l’œil d’un jeune de Manchester City. 2007, il frappe Ousmane Dabo jusqu’à lui faire quasiment perdre un œil. La même année, il casse la mâchoire d’un jeune de 16 ans après une soirée arrosée. Joey passe alors deux mois et demi en prison. Sur le terrain, il « boxe » Morten Pedersen en 2010 et adresse deux coups à Carloz Tévez et Sergio Aguero en 2012. Son dernier acte de violence connu. En rejoignant Marseille, il veut enfin faire table rase. Difficile de lui accorder une énième chance malgré ses airs polis. S’il a évité les agressions physiques à l’OM, ses tirades agressives s’enchaînent. Sur Twitter, il est récemment entré en conflit avec Pierre Ménès. Barton a même publié une vidéo du consultant en y ajoutant un commentaire. «Quel finisseur naturel ce Pierre Ménès... La seule chose que tu peux finir c’est un buffet». Si la phrase peut faire sourire, elle ne baigne pas dans la classe. Au lieu de débattre, l’anglais s’attaque au physique. Même constat avec Thiago Silva quelques jours après. Barton le qualifie de «transsexuel en surpoids». L’élégance, toujours. Le défenseur brésilien du PSG avait répondu aux moqueries de Barton sur son compatriote Neymar. Silva avait volontairement évité de nommer Joey dans sa réponse et celui-ci s’en est vexé. Beaucoup de frasques alors que sur le terrain, l’anglais n’a pas le quart du niveau du taulier parisien. Barton a le droit de se défendre, mais pas comme ça. On ne peut exiger de lui de l’humilité, ce serait sans espoir au vu de son ego, mais un minimum de respect de sa part.

Philosophe et papa-gâteau

Le grand problème avec le jugement que l’on peut faire de Barton, c’est qu’il est loin d’être bête. Intellectuellement en tout cas. En Angleterre, certains le voient comme un philosophe. Tom de Castella, journaliste et écrivain britannique, s’est d’ailleurs posé la question en 2010 (1), se fondant sur les tweets de Barton. L’anglais s’est instruit seul et s’exprime parfois sur des concepts et des sujets peu abordés par les joueurs de football. Et parfois avec bon sens, comme quand il a réclamé la publication de documents sur le drame d’Hillsborough. Joey a aussi souvent fait part de son insoumission au pouvoir politique. Son admiration pour Georges Orwell illustre bien son amour pour la liberté. Henry Winter, journaliste du Daily Telegraph, défend aussi Barton. «Même si tu n'es pas d'accord avec tout ce qu'il dit, c'est un mec brillant qui tente de faire face à ses démons». Joey est un homme perturbé qui s’est endurci avec ses zones d’ombre. Il a décidé d’arrêter de boire et compense cette addiction comme il le peut. Il ne semble pas foncièrement méchant. Crédible quand on le voit fondre devant son fils sur plusieurs clichés.

En fin de compte, Joey Barton est difficile à cerner. Souvent sectaire, parfois penseur, il ne se laisse jamais marcher sur les pieds malgré ses erreurs. Il devrait accepter la critique, mais il n'y parvient pas. Barton est authentique. Mieux que rien.

Baptiste Paquelier

(1) http://www.bbc.co.uk/news/magazine-14662175

Tag(s) : #Ligue 1

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