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Newcastle, so french

Crédit photo : THE SUN/SIPA

Avec ses onze français, Newcastle a gagné un pari médiatique. Mais le club du grand Alan Shearer subit aussi ses désavantages en Premier League.

Certains en parlent comme du nouvel Arsenal, devenu très « Frenchie » sous l’ère Wenger. La comparaison s’arrêtera à la présence de joueurs français. Loin de lutter en haut du championnat anglais, Newcastle n’a que cinq points d’avance sur la zone dangereuse. Après la claque reçue à domicile contre Sunderland et leur élimination en Europa League la semaine dernière, les Magpies sont dans le dur. Sur leurs cinq derniers matches de Premier League, ils ont encaissé quatre défaites. Le bilan est alarmant et interroge sur un recrutement très inspiré par la Ligue 1.

Les temps changent

Si les Gunners de 2004 avaient Thierry Henry, Patrick Vieira, Robert Pirès et Sylvain Wiltord dans leurs rangs, Newcastle ne compte aucun joueur de ce calibre. Moussa Sissoko, Yohan Cabaye et Sylvain Marveaux donnent plutôt satisfaction mais les performances françaises sont très inégales. Les anciens tauliers d’Arsène Wenger étaient devenus grands avec leur club. Mais on parle d’une époque où les Bleus étaient travailleurs et affrontaient la concurrence sans broncher. Une mentalité très volatile chez les joueurs français aujourd’hui. Contentés par leurs salaires, loin de tout donner pour leurs ambitions sportives, Ben Arfa et consorts se reposent sur leur potentiel. La présomption et le fantasme, deux notions polluant l’appréciation de beaucoup sur les joueurs. Vivre dans l’incertitude d’une réussite qui n’arrivera peut-être, voire probablement jamais. Bien sûr, ce n’est pas uniquement le cas des joueurs français, mais le mal est particulier chez eux. Les exemples sont nombreux dans d’autres clubs. Les passages de Jérémy Ménez à la Roma, de Yoann Gourcuff au Milan en témoignent.

Un château trop confortable

Avec l’excès de joueurs français dans ses rangs, Newcastle s’est mis à l’heure de Paris. Plats spéciaux, drapeaux tricolores et Marseillaise dans les tribunes de St James’ Park, tout est fait pour que les Frenchies se sentent chez eux. Un nid douillet qui ne les encourage pas à s’adapter à la Premier League, à l’Angleterre et à sa culture. À se durcir, en somme. Emmanuel Petit, arrivé à Arsenal à la fin des années 1990, expliquait bien cette adaptation compliquée mais nécessaire dans son autobiographie (À fleur de peau, Prolongations, 2008). Un phénomène accentué par le communautarisme qui se développe logiquement au sein des Magpies. En se côtoyant souvent, les onze français ralentissent leur progression dans le championnat anglais.

À leur décharge, certains peuvent avoir besoin d’un temps d’adaptation, notamment ceux arrivés cet hiver. Mais le temps presse. Si Newcastle devrait éviter la relégation cette saison, à trop jouer avec le feu, la mode française pourrait vite devenir « out ».

Baptiste Paquelier

Tag(s) : #Premier League

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